
¡KLANG!
Performance jouée, dansée, récitée, autour des poèmes de Wassily Kandinsky
tirés du livre Klänge (Sonorités-résonnances, en français).


Klänge est un recueil de poèmes et de gravures sur bois publié en 1913.
Vous pouvez en trouver des traces en anglais ici https://en.wikipedia.org/wiki/Kl%C3%A4nge et https://www.youtube.com/watch?v=WdPMdGUeYGk


Un homme est assis
dans un cercle serré,
Dans un cerclé serré
À l’étroit
Il est gai.
Il n’a pas d’oreilles.
Et les yeux lui manquent.
Du son rouge
Du disque solaire
Il ne trouve pas de traces.
Lied
Kandinsky : «…si on ne voit pas l’objet lui-même et qu’on l’entend simplement nommer, il se forme dans la tête de l’auditeur une représentation abstraite qui éveille immédiatement dans le cœur une vibration. »
Catherine Jauniaux (voix et objets) "Ce recueil m’accompagne depuis 25 ans, poèmes dadaïstes, plein d’esprit, d’images, de couleurs comme ses peintures, on y plonge comme dans un rêve éveillé. Je l’ouvre au hasard et le poème est toujours propice et parfait pour le lieu et le moment précis où l’on joue. Je le chante, le dis, l’improvise."
Ephia Gburek (danse) nous emmène dans son univers de lenteur, dans l’intériorité et l’infime. Son corps retrouve un état de matière et questionne les limites entre l’animé et l’inanimé.
Sebastien Bouhana (tambour et objets) nous donne des matières terreuses, grinçantes et sifflantes rythmant l’air de jets et de cercles à l’infini.
Benoit Cancoin ou Amanda Gardone (contrebasse) ancrent les visions avec leur arbre à cordes. L’archet ronronne, grave, grinçant, frappant, parfois mélodieux et le bois résonne !
Lionel Garcin (saxophone) colore l’ambiance de sons et mélodies curieuses, chatoyantes venues d’un imaginaire de contes ancestraux.
Kandinsky commence à écrire des poèmes en prose, 38 au total, entre 1908 et 1912. En 1913, ils sont publiés en allemand par Piper Verlag sous le titre Klänge, Sounds, accompagnés de gravures sur bois en couleur et en noir et blanc.
Dans ces poèmes dadaïstes, Kandinsky utilise une méthode empruntée aux premières tentatives de langage des jeunes enfants : par la répétition constante et le babillage, les mots sont vidés de leur sens, de sorte que seul le son pur subsiste. L'objectif de Kandinsky est de découvrir ce "son pur" du langage, le son qui "fait vibrer l'âme."
¡KLANG!
Est une forme libre qui se laisse pénétrer par les émotions des mots, des sons, des mouvements. Il se regarde. Il s’écoute. Chaque évènement a sa place. Chacun l’exprime, dans son langage artistique, dans sa présence.
¡KLANG!
Nous sommes comme on dit à géométrie variable, nous pouvons être trois, quatre ou cinq, selon les lieux, les désirs etc…
¡KLANG!
Se joue dans les théâtres, aussi dans des lieux particuliers, des lieux d’expositions, là où se dit la poésie, là où s’exprime le mouvement, là où la vibration du son se développe.
Dehors si… dedans.
Pour tous les âges.
Rideau
La corde descendit et le rideau se leva. Nous tous nous avions attendu ce moment depuis si longtemps. Le rideau était tiré. Le rideau était tiré. Il était encore tiré. Maintenant il est levé. Quand il se leva (commença à se lever), pour nous tous ce fut une si grande joie.
Le basson
(…) Une bande de corneilles vola comme une ligne droite tendue à travers les airs au-dessus de la ville.
Et de nouveau, soudain, tout fut calme.
Le nuage orange disparu. Le ciel devint d’un bleu coupant. La ville, jaune à en pleurer.
Et, dans ce silence, ne raisonnait qu’un seul bruit : le martèlement des fers d’un cheval.
Alors, et déjà on le savait, un cheval blanc allait tout seul par les rues entièrement vides. Ce bruit dura très longtemps, très, très longtemps.
Et c’est pourquoi on ne sut jamais vraiment quand il cessa. Qui sait quand naît le silence ? (…)
Catherine Jauniaux : voix et objets
Ephia Gburek : danse
Sébastien Bouhana : tambour et objets
Benoit Cancoin ou Amanda Gardone : contrebasse
Lionel Garcin : saxophone soprano

